Association La Bourguette-autisme
Nos aubergesNos produitsNos prestationsEvénements

Enseignements d’importance lors de la conférence « ÉDUQUER SA VOIX ET TRANSMETTRE » organisée par l’association La Bourguette

La conférence débat organisée le 4 avril 2018 par l’association La Bourguette, dans le cadre de la Journée mondiale de l’autisme, a été riche en enseignements.

En ouverture de séance le docteur Jean-Pierre Battilana, président de l’association La Bourguette, s’est félicité qu’un public nombreux soit venu assister à cette conférence « UNE NOUVELLE VOIE POSSIBLE POUR LES AIDANTS FAMILIAUX : ÉDUQUER SA VOIX ET TRANSMETTRE » dont le sujet s’avère fondamental dans l’approche des Troubles du Spectre de l’Autisme (T.S.A.)

Madame Elodie Agopian, au nom de l’ARS PACA, a confirmé l’importance de ce sujet et a précisé que cette manifestation s’inscrivait, comme toutes les actions menées par l’association La Bourguette depuis de nombreuses années, dans la stratégie nationale du Plan Autisme.

La manifestation a notamment été marquée par les interventions suivantes :

- Mesdames Véronique Rey et Sonia de Martino, linguistes, ont présenté les enjeux de la transmission langagière auprès des personnes autistes.

Sonia de Martino a d’abord rendu compte du partenariat et de la collaboration des travaux de recherche entre le CRA (Centre Ressource Autisme) PACA, COLOE (Centre d’Observation du Langage Oral et Ecrit) et l’association La Bourguette.

Véronique Rey a rappelé que la langue orale n’est pas une « invention » et que pour chacun, elle se transmet par imitation. Ce mode d’apprentissage est universel, quelle que soit la langue.

La conférencière a expliqué que cette transmission est longue et que la connaissance du langage n’est pas innée. Il faut 7 à 8 ans à un enfant pour apprendre les bases de sa langue maternelle orale.

Il est essentiel de comprendre que le jeune enfant qui « entre en langue », selon les termes de Véronique Rey, n’a pas encore de souvenirs autour des mots qu’il entend car il est en train d’apprendre les mots pour construire ses souvenirs.

En poursuivant son exposé, Véronique Rey a insisté sur la nature de la langue orale qui ne s’arrête pas aux mots et aux sens. Il y a, en amont, une technique gestuelle. La transmission est là aussi essentielle et doit se faire en conscience de ces gestes.

Sonia de Martino a précisé que dans la relation verbale les situations des personnes autistes sont très variables en termes de capacités langagières : certains sont « non verbaux » avec peu de gestes vocaux ; certains disposent de peu de schémas linguistiques ; d’autres peuvent aussi présenter une altération de la prosodie…...

Dans un tel contexte, Sonia de Martino préconise l’utilisation d’un rituel de pratique langagière élaboré dans le respect de la singularité de chaque enfant autiste. La mise en place d’un rituel, c’est instaurer, dans la relation d’aide, du connu, de la prévisibilité. Cela permet au jeune ou à l’adulte autiste de se sentir en sécurité langagière. Dans cette perspective les expériences se sont inscrites sur une durée courte de quinze minutes pendant plusieurs mois et dans un lieu identique à chaque fois.

Sonia de Martino a pu constater qu’après deux années d’expérimentation, l’évolution de la capacité langagière était notable : elle n’avait presque plus besoin d’intervenir, pour relancer les narrations, que les personnes autistes inséraient dans leurs récits une chronologie qui n’était pas présente auparavant ou que la répétition de mots s’atténuait nettement, voire disparaissait.

Le Docteur Estelle Gouriou, pédopsychiatre à l’Hôpital Montperrin d’Aix-en-Provence, a captivé l’assistance en rendant compte de ses travaux relatifs à la transmission de la langue maternelle aux enfants sourds et aux enfants autistes.

Estelle Gouriou a introduit son exposé en rapprochant la situation d’un enfant sourd qui est en déficience sensorielle, de celle d’un enfant autiste. Selon elle, beaucoup d’autres éléments interfèrent pour l’enfant autiste, mais pour les deux on est confronté à une situation de non communication préjudiciable.

Dans les deux cas, ce que vivent les parents est largement similaire : une perte de repères internes qui anéantit dès le départ une envie de communication.

Pour elle, il primordial de prendre conscience de tout ce qui se passe, au niveau du cerveau, en termes d’émotions, d’apprentissage, d’être, dans la relation avec un enfant non sourd. Si l’enfant est sourd ou autiste il faut oser parler sans avoir la certitude d’être compris pour parvenir à instaurer une même qualité de relation qu’avec les enfants sans difficultés particulières.

Pour cela, tout échange est important, il faut continuer à dialoguer en sincérité, même si on doute de l’efficacité (du point de vue du parent) du message. Face à l’enfant qui ne peut se faire comprendre, parce qu’il ne maîtrise pas encore les outils, le parent, certes en difficulté, gagnera en assurance, en confiance et en naturel, en utilisant tous les canaux vocaux, gestuels, visuels, permettant de renforcer la transmission.

Madame Marie-Laure Stéphan, du service socio-artistique Passerelles du Festival d’Aix-en-Provence, a présenté les actions de ce service qui visent à inclure des publics d’une grande diversité dans la vie du Festival et les invitent à vivre une expérience de l’opéra. Passerelles contribue ainsi activement au développement culturel du territoire.

En 2017, Passerelles a associé à ses projets plus de 5 800 participants, en lien avec les équipes de plus de 200 établissements scolaires, universités, associations et institutions sociales du territoire.

Madame Marie-Laure Stéphan a également rendu compte du travail mené, autour de l’opéra Orfeo et Majnum[/brique], auprès des résidants de La Bourguette.

Cet été, le Festival d’Aix-en Provence présentera, ce projet européen conçu par Airan Berg, et Martina Winkel, qui met en résonance le mythe grec d’Orphée et Eurydice avec la légende perse de Layla et Majnun, deux des plus grandes histoires d’amour de l’Orient et de l’Occident.

Parmi les spectacles ou expositions qui jalonneront la ville d’Aix-en -Provence, le dimanche 24 juin à partir de 14h 30, en prologue à la représentation du 8 juillet, les résidants des établissements de l’association La Bourguette illustreront, à 17h au cloître des Oblats, les mythes inspirant cet opéra collaboratif. Leur batucada, leur chorale ou leurs comédiens interviendront notamment pour la circonstance.

Les artistes autistes, céramistes et ferronniers de l’association, y dévoileront la statue créée spécialement pour cet opéra : « Gharâm Sabâba », ou "passion" et "finesse et ardeur du sentiment amoureux". Au cours de l’après midi Véronique Rey et Jean-Louis Devèze, professeur de chant lyrique et formateur en odologie, sont intervenus pour mettre en exergue les profits pouvant être tirés de l’étude scientifique de la voix chantée, pour guider les aidants familiaux, dans la recherche de pratiques langagières ritualisées.

L’intervention alternée en récital de Anica Skryane, soprano dramatique, accompagnée du pianiste Marwan Dafir a permis d’illustrer leur propos tout en permettant à l’assistance d’apprécier le talent exceptionnel de ces deux artistes avec des extraits d’œuvres de Puccini, Gluck et Massenet.

En fin de journée les aubergistes de l’association La Bourguette ont régalé les personnes dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Les membres de l’association La Bourguette remercient les intervenants qui ont fait le succès de cette manifestation et le Crédit Agricole Alpes Provence qui a mis gracieusement son amphithéâtre gracieusement à disposition.

PDF - 238.5 ko
interventions COLOE et Dr Gouriou


Partagez cette page sur les réseaux sociaux :
Aidez l'association La Bourguette
© 2010-2018. Association La Bourguette-autisme.
Conception : www.onabeaudire.fr